vendredi, 18 janvier 2019

Depuis la France, note brève sur les manifestations contre la "Loi Travail"

La "Loi Travail" présenté par le gouvernement français, en Mars 2016, est très similiaire à la "Jobs Act" en Italie, comme une nouvelle preuve, non que: "tout le monde est pays" , mais que les stratégies d'attaque de la classe dominante sur le prolétariat, alors que la crise économique ne montre aucun signe à s'atténuer, sont les mêmes, parce que les intérêts capitalistes à défendre sont les mêmes partout; même est ensuite, aussi, la pratique à travers laquelle l'Etat impose ces mesures: les excécutifs, toujours plus forts, en dépit de la démocratie tant vantée, enjambent une belle (comme dans un jeu de carte) à chaque jeu parlementaire; cela, nous n'y sommes pas certes étonnés, voyant dans cette pratique, l'agissement ouvert de la dictature bourgeoise. Depuis les mois derniers, la situation sociale française s'est réchauffée, mais avec des hauts et des bas, et les mobilisations et manifestations se sont répétées dans plusieurs villes avec des affrontements très violents avec les appareils répressifs de l'Etat qui ont pu compter sur les points d'appui actifs- tout comme les pompiers et les policiers- des syndicats et des formations de gauche. Nous publions cette brève note sur ce sujet, nous réservant d'y revenir dans le futur.

Presque tous les jours, il y a des manifestations et des grèves de 24 heures deux fois par semaine. Pour la plupart, elles finissent avec des violences policières très dures, les flics tirent, non plus avec des Flash-Balls (balle en caoutchouc), mais aussi avec des LBD, plus puissants, qui ont mutilé des dizaines de personnes au Québec, des lanceurs de grenade de désencerclement, mais également des fusils ARWEN (déjà utilisé au Québec qui ont fait aussi des mutilés) qui permet de tirer des grenades de TOUT type et des balles en caoutchouc en rafale. Le gouvernement a prévenu: si la situation devait se dégrader, il irait jusqu'à d'autres méthodes. Des jeunes veulent s'affronter avec les flics et ces affrontements sont très violents: "violence extrême" disent les gradés lors des charges des CRS et gendarmes mobiles. La CGT et le PCF montrent de plus en plus leur véritable visage et nous ne devons pas le déplorer. A Marseille, le 12 Mai, le service d'ordre de la CGT a appelé les flics ouvertement à la répression: "Retirer vos bâtons du camion", "sortez vos manches de pioches", "sortez vos bâtons". Que tombent toutes les illusions sur tous les partis gouvernementaux! La manifestation s'est rapidement divisée en deux, d'une la CGT, de l'autre, le reste des manifestants qui a fait dire à de nombreux de ceux-ci: "il n'y a pas que la brigade anti-criminalité qui frappe, il y a aussi la CGT".

A Paris, pour la manifestation du lendemain, est sorti un communiqué de la préfecture de police, le 11 Mai: "Il a été décidé, en accord avec les organisateurs, de positionner une partie des forces de l'ordre en amont du cortège. Les personnes souhaitant participer à la manifestation sont invitées à se positionner derrière les organisateurs, qui ouvriront la marche afin de permettre le travail des forces de l'ordre en cas de nécessité pour isoler d'éventuels casseurs. Tout au long de la procession, une liaison étroite sera maintenue entre les forces de l'ordre et le service d'ordre des organisateurs". Des gens comme le NPA, ou d'autres, expliquent que la violence ne vient que de la police, comme si la violence et la rage ne pouvaient venir des exploités eux-mêmes, mais, savez-vous, ils ne veulent que le lamentable pacifisme, reconnaissant ainsi, de cette façon, le monopole de la violence à l'Etat. A ce propos, il est utile de rappeler la position du Parti communiste d'Italie en 1921-1922. Nous écrivions dans "Parti et action de classe": "Aucun communiste ne peut avoir d'objections contre l'usage de l'action armée, de représailles et même de la terreur, et nier que le parti communiste doive lui-même diriger ces formes d'action qui exigent discipline et organisation. De même, nous considérons comme infantile la conception selon laquelle l'usage de la violence et les actions armées soient réservées à la "grande journée" où sera déclenchée la lutte suprême de la conquête du pouvoir. Il est dans la nature même du processus révolutionnaire réel que des heurts sanglants entre le prolétariat et la bourgeoisie se produisent avant la lutte finale, et il peut s'agir de tentatives prolétariennes non couronnées de succès, mais aussi des inévitables affrontements partiels et transistoires entre des groupes de prolétaires poussés à se soulever et les forces de la défense bourgeoise, ou encore des groupes de "gardes blancs" de la bourgeoisie et des travailleurs attaqués et provoqués par eux. Il n'est pas juste de dire que les partis communistes doivent désavouer de telles actions et réserver tous leurs efforts pour le moment final, car toute lutte nécessite un entraînement et une période d'instruction, et c'est dans ces actions préliminaires que la capacité d'encadrement révolutionnaire du parti doit commencer à se forger et à s'éprouver".

Plusieurs fois, ensuite et plus tard, nous avons rappelé qu'il sera inévitable que, dans des cas graves de crises sociales, se multiplient des épisodes de violence, soit de la part des prolétaires exploités, soit d'éléments radicalisés des classes moyennes qui chercheront l'affrontement avec les "forces de l'ordre". La tâche du Parti ne sera pas, certes, celle de prendre ces distances, mais de les situer et les diriger dans une perspective politique révolutionnaire.

Quant aux syndicats, ils sont devenus des structures de l'Etat bourgeois, mais également des auxiliaires de police, comme déjà subvenus lors des manifestations des sidérurgistes en 1978, quand le service d'ordre de la CGT s'occupait d'aider les CRS tombés à terre pour qu'ils reprennent leur sale boulot. Même un Victor Hugo répondait au gouvernement Thiers qui définissait les Communards de "racailles" répondait: "La racaille, j'en suis". A la fin de la manifestation du 11 Mai, la CGT a attaqué une manifestation "sauvage" avec de grosses bombes lacrymogènes et à coup de gourdin comme si tout avait été prévu, passant même devant les "forces de l'ordre" qui fouillaient tout le monde. Dire, comme font les "gauchistes", que la CGT doit dissoudre son service d'ordre est comme demander à l'Etat de se dissoudre.

En conclusion, nous pouvons affirmer que les mobilisations qui se répètent quasi-quotidiennement depuis 2 mois en France sont trop peu décisives et violentes, fruit plutôt de la confusion et du désespoir.

Fin Mai 2016.

 

Parti Communiste International

International Press

 

                    

            

 

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