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Lettre en réponse à un appel

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Nous publions ici dessous la lettre d’un camarade en réponse à un appel pour signer une pétition circulée en France, pour la règularisation d’une famille monténégrine débouté du droit d'asile malgré des persécutions subies dans leur pays d'origine. Au-délà du fait spécifique (et dans les limites d’une lettre), la réponse est exemplaire pour les contenus et pour le methode.

Je ne te signerai pas cette pétition et je vais t'expliquer les raisons. Tu as tout à fait raison de te lancer et de "travailler" dans un mouvement social et cela me fait grand plaisir de voir de trop rares "militants", (le nom militant n'est pas exagéré et il a pris une tournure malheureusement péjorative et sclérosé, rappelle-toi Mr Jourdain dans "Le bourgeois gentilhomme" de Molière qui faisait de la PROSE sans le savoir et beaucoup font du militantisme sans le savoir, il ne suffit pas d'avoir dans la poche UNE carte de quelque organisation pour être un militant) et donc de te voir toi aussi défendre les sans-papier, les sans-toit, les sans-droit, etc ... en un mot, les sans-réserve, ceux qui ne possèdent QUE leur force de travail: les prolétaires (et il ne faut pas confondre ouvrier et prolétaire, les ouvriers étant des prolétaires d'usine)
Même lorsque l'on défend UNE seule famille, on est plongé dans ce mouvement social et il faut s'en rendre compte, le comprendre.

 Et on n'a pas le "droit" de critiquer les rares qui le font, car c'est un coup de poignard que l'on donne dans ce même mouvement. Dans l'histoire sociale, il y a eu cette attitude qui est même sortie du mouvement marxiste: utiliser le mouvement social CONTRE le mouvement social. SI tu le veux, l'on pourra en parler ultérieusement, et de préférence de vive voix. Mais, il y a plusieurs manières de se plonger dans le mouvement: soit à la manière des abbés Pierre, de tout REFORMATEUR de cette putain de société capitaliste ("cachez ce sein que je ne saurai voir"), soit voir plus loin, aller au delà du mouvement IMMEDIAT, se battre afin de LIQUIDER cette société de classe. Mais l'on est plongé toujours sans le savoir, sans s'en rendre compte dans la lutte entre les classes. L'attitude générale de tout possédant dans le monde entier est de nier les classes et les luttes de classe et SURTOUT de nous les faire nier. Mais, tout possédant, tout gouvernement de "droite" ou de "gauche" mène une lutte contre les sans-réserve, une lutte contre les prolétaires du monde entier. Voire notre propre gouvernement qui mène une véritable lutte contre les retraites, la durée du temps de travail et pire qui blinde la "démocratie" avec des mesures policières. Cela se passe dans tous les pays: voire le gouverment "socialiste" espagnol mener cette même lutte et la "droite" revenue au pouvoir continuer son oeuvre. Voire le gouvernement "travailliste" anglais combattant les luttes et grèves des prolétaires à coup de matraques. Voire le gouvernement "français" d'avant 1981 avec Stoléru comme Ministre de l'Intérieur et le gouvernement  Mitterrand de Mai-Juin 1981 avec le même Ministre de l'Intérieur. Les illusions sont tombées très vite et cela a été tout de suite pris comme un autre véritable coup de poignard avec de véritables matraques. Même un ministre PCF des transports a lancé les CRS contre les cheminots en grève à cette époque.

L'on n'a pas le "droit" de faire une critique générale ACTUELLEMENT de la pétition car le mouvement est très isolé et faible. Mais, il ne faut pas avoir d'illusion sur la pétition. En aucun cas, elle est une ARME de lutte. Tout au plus, actuellement, on peut l'utiliser comme moyen de mobilisation des sans-réserve lorsque le mouvement est très bas et il l'est effectivement. On peut signer et faire signer une pétition qui appelle à une lutte ou à un soutien. Ensuite, il faut la mettre à la poubelle. Il ne sert à rien de la mener dans n'importe quelque instance d'organisation de l'appareil d'Etat. C'est s'illusionner et surtout illusionner ceux que l'on prétend défendre. Encore une fois, la pétition n'est pas un moyen de lutte. Elle s'oppose à la lutte, elle est un succudané de lutte.

Le moyen, notre arme de lutte, c'est la lutte bien réelle, quotidienne, au coude à coude. C'est la lutte de tous les jours, une lutte PHYSIQUE avec des hauts et des bas. Et nous sommes au creux de la vague depuis 80 ans. Le mouvement prolétarien est pratiquement inexistant depuis tout ce temps. Alors, on peut comprendre que l'on ait besoin du moyen de la pétition pour aller au delà. Mais, il faut le dire explicitement: elle n'est pas une arme de lutte mais seulement un moyen parmi tant d'autres afin de mobiliser. Si on ne le fait pas, et c'est ce que tu fais, on colporte l'illusion, on ne prépare pas un au-delà. On le stagne. On empêche la reconstitution d'un véritable mouvement des "sans". 80 ans de combat pétitionnaire, d'unique pétition et encore de pétition, ça suffit. C'est du socialisme chrétien (ou musulman, ou juif) qui veut seulement réformer, AMELIORER cette société de classe.

Si cette ennième pétition qui circule se place sur le seul terrain de la mobilisation (ce que je ne "crois" pas) et non comme une fin en soi, une prétendue arme, alors, je te la signe les yeux fermés, sans la lire, même si elle comporte des erreurs politiques qui sont le reflet de la faiblesse du mouvement actuel.

On peut et on doit aider les familles prolétariennes dans le besoin ou lors de lutte, leur procurer nourriture, couverture, tente et même le repas et le logis. "Ma" maison a toujours été ouverte pour cela. Mais, il faut aller au-delà, avoir une vision plus lointaine.

Je peux discuter de tout cela avec toi et surtout avec la famille qu'il faut défendre afin de tisser des liens, refuser l'isolement. C'est cette méthode et unique méthode qui permettra enfin que renaissent des organisations immédiates et politiques qui soient de véritables organisations de classe avec dans son intérieur une vraie VIE OUVRIERE […]. Il faut rappeler ce qu'étaient les BOURSES DU TRAVAIL d'avant-guerre et leur but réel: pas seulement d'être une "ANPE" pour les chômeurs, leur proposer du travail. A cette époque, c'est le syndicat lui-même qui était une "ANPE", qui proposait du travail aux chômeurs en prospectant auprès des patrons embaucheurs. C'était une véritable aide aux inactifs, en évitant les multiples négriers qui existent aujourd'hui et vivent du chomage actuel. Mais, ils n'étaient pas que cela: c'était SURTOUT et AVANT TOUT de véritables organisations prolétariennes où il y avait une véritable vie de classe et vie ouvrière et où les travailleurs aussi actifs et inactifs se réunissaient TOUS LE JOURS et dont les réunions et discussions étaient à une hauteur d'avant-garde qui dépassent largement la bassesse de celles d'aujourd'hui.

"TOUTE LUTTE SOCIALE EST UNE LUTTE POLITIQUE"


 

Parti Communiste International

 

 

 

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