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L’ennemi du prolétariat tunisien et égyptien est le même que le nôtre Abattons le ici dans le cœur impérialiste de l’Europe

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La crise économique partie des Etats-Unis et des centres des métropoles mondiales se développe comme un tsunami vers les régions périphériques du monde capitaliste et vice-versa, rompant les digues qui ont des failles consistantes. La zone de cet autre « croissant de lune fertile » qui va de l’Algérie (qui a essayé de faire cesser la protestation avec des concessions sur le prix des biens alimentaires) jusqu’à la Jordanie (à l’état de collapsus avec son immense masse de réfugiés palestiniens réduits à la famine) est prise dans l’étau de la même crise. Mais également au Yemen comme au Maroc, les places se sont animées tandis que sont rentrés en crise les points chauds traditionnels autour d’Israël : le Liban et la bande de Gaza.

 Dans les pays les plus fragiles, la crise, devenue sociale à cause du chômage déferlant et à travers la diffusion de la misère (l’augmentation des prix des denrées alimentaires n’en étant que la manifestation la plus éclatante), s’est transformée en crise politique, comme en Tunisie, où le pouvoir du vieux « comité d’affaires de la bourgeoisie » a été renversé par la révolte populaire, dans laquelle la pointe avancée a été la masse prolétarienne, désormais fatiguée de supporter un état de choses depuis 23 ans, avec l’aval de la grande bourgeoisie européenne.

La même « révolte du pain » (celle des déshérités) a ensuite explosée en Egypte, le plus grand et le plus industriel des pays de l’Afrique entière. Le Caire, Alexandrie, Suez, Assouan sont en état de siège : une masse immense des prolétaires des centres industriels, qui, il y a un an, étaient entrés en grève dans la division textiles de Mahalla et qui, il y a quelques années, s’étaient opposés à l’augmentation du prix du pain en assaillant les fours des boulangers, avec un extraordinaire courage ont affronté la police et l’armée et incendié les immeubles du gouvernement. Les villes de Suez et d’Alexandrie sont tombées aux mains des prolétaires en révolte qui ont réussis à refouler la police en rangs militaires, comme cela a été relaté par les journaux et la télévision avec une grande clarté. La police, les prétoriens, l’armée, les chars armés prennent position dans les rues : des dizaines de morts, des incendie et le couvre feu. « Si le bouchon égyptien saute, tout le Moyen Orient saute ! », crient avec angoisse les observateurs politiques des capitales impérialistes : la peur coule dans les veines de la bourgeoisie mondiale et donc elle recommande à Moubarak de ne pas exagérer dans la violence et de se mettre en retrait.

C’est un moment important pour le prolétariat mondial. Ce n’est pas la révolution, mais c’est l’annonce d’événements qui tôt ou tard enflammeront le cœur des métropoles prolétariennes, aujourd’hui soumises à la dictature de la bourgeoisie impérialiste.

L’illusion réformiste, toutefois, ne tardera pas par d’autres voies,  à essayer de combiner un compromis entre les besoins des prolétaires et les hymnes à la démocratie, aux élections, à la « dignité et la liberté », aux réformes, au changement de gouvernement pour être sûre que se déchaîne une violence « remise à neuf » contre le prolétariat.

Si en Tunisie le vieux régime promet un remaniement politique en attendant les élections, en Egypte il cherche à tout résoudre avec un remaniement identique, en présentant un successeur possible. La machine de la conservation et de l’oppression continuera sa propre marche, si elle n’est pas bloquée avec l’aide du prolétariat entier : cassons donc le cordon sanitaire qui éloigne les deux berges de la Méditerranée, connectons les prolétaires dans une embrassade fraternelle. C’est cela seulement qui décidera si le sang versé ne l’a pas été en vain.

Les pays européens, traversés par le début de la crise (la Grèce en particulier, mais aussi l’Irlande et le Portugal), ont été contraints de mendier, en s’endettant pour l’avenir, un fort soutien économique à cause de la crise de la dette publique, de la crise du système bancaire et financier, du chômage galopant.  Mais au sud du sud (Maroc, Algérie, Tunisie, Jordanie, Yemen et aujourd’hui Egypte), le soutien économique et politique que les régimes jadis colonialistes et aujourd’hui impérialistes peuvent donner au nom de la stabilité et de la reprise de l’exploitation, s’oriente vers la tentative désespérée de restaurer le développement économique qui, au cours des dernières années, a eu lieu grâce à la présence massive des entreprises européennes, aujourd’hui impliquées par ricochet dans la même crise. Que les gouvernements naissent et meurent s’ils veulent : mais que renaissent, le profit, la rente, que les taux d’intérêt se remettent à croître !  Alors, qu’il s’agisse des démocrates laïques, des frères musulmans, des républicains ou des monarchistes : que la sueur des travailleurs continue à couler pour les délices de la classe dominante et de sa cour !

La réponse aux besoins de la vie et du travail du prolétariat ne peut provenir ni du capitalisme, ni des soi-disant réformes sociales, ni de la misérable charité religieuse, mais seulement de la destruction de ce système économique lui-même.

Le Maghreb et le Moyen Orient, « aires de jeu privées » de l’Europe coloniale, commencent donc à trembler ; sous la pression de la crise, le second est en train de se transformer en une poudrière dans laquelle la mèche prolétarienne est prête à être allumée.  La poursuite de la production et la reconstruction des réseaux commerciaux sont fondamentaux pour l’Europe, surtout en ce moment où on perd des marchés dans la lutte au couteau entre les concurrents mondiaux et la nécessité s’impose de se fournir en matières premières (gaz, pétrole) et en moyens de subsistance à bas prix. Cette situation, toutefois, pose « des défis de haut niveau », non pas des jeux de prestige ou de petites escarmouches, défis annoncés par la guerre commerciale et la guerre des devises en plein cours. Les rencontres bilatérales entre les grands, les G8 et les G20, sont seulement la façade des faillites évidentes. Le besoin de travailleurs immigrés, saisonniers ou non, devient urgent, dans la mesure même où on veut « stabiliser » le prolétariat national.

C’est donc une illusion nuisible que de vouloir  « réexpédier chez eux » les milliers de prolétaires qui se présentent aux portes de l’Europe : le « besoin » des deux côtés de la « Mare Nostrum » (la Méditerranée) constitue une ressource économique pour tous : productivité et profit d’un côté et de l’autre envois d’argent des immigrés dans leur pays (dont les Etats africains ne peuvent se passer). Le marché nord-africain, sur la rive sud de la Méditerranée, très en avance économiquement sur la région du centre de l’Afrique, a ainsi comme identité majeure d’être une porte d’entrée. Identité qui avec la réalité économique globale, de l’intégration totale avec celles des vieilles puissances coloniales, a perdu le fondement de sa propre identité originelle (les caractéristiques territoriales) : tant l’importation que l’exportation (machines contre énergie et produits agricoles) les ont orientées dans une voie unique et spécialisée vers l’Europe, dans une division du travail centralisée et concentrée de l’extérieur. La profonde crise actuelle conduit donc au désastre.

 

 
Dans les pays du centre capitaliste, en revanche, on ne sort pas encore du cadre de la revendication corporative : les ouvriers, les précaires de l’industrie et des emplois publics, les étudiants, sont souvent en état d’agitation, mais l’inertie profonde des processus et la rouille accumulée depuis longtemps par les structures économiques et sociales sont difficiles à évacuer. L’illusion démocratique en est la base et le terrain de culture. La revendication de maintien des revenus, et le désir de retrouver du travail sont toujours présents, mais ceci n’est en rien une riposte réelle au chômage, à la précarisation, au maintien des amortisseurs sociaux, ni aux besoins du capital, face à la crise, de la remise en marche de la production, du commerce et de la consommation, par le crédit (sous ses différentes formes). De plus, la lutte de défense économique contre la misère et le chômage s’alimente de vieilles litanies sur « les droits », sur les « conquêtes syndicales du passé », qui se récitent dans des grèves geignardes qui s’avèrent être seulement des farces inutiles et des promenades : pas de grèves générales dures, mais des grèves avec préavis, concertées, organisées sans objectifs.

Si le pouvoir des banlieues capitalistes du monde chancellent, le prolétariat des métropoles ne peut pas déserter le lutte, ne peut pas rester une arrière garde, mais doit devenir cette avant-garde qui a un moment secoué l’Occident avec sa révolution au cœur même de l’Europe. L’exemple de l’Afrique est un appel aux prolétaires du monde entier : que renaisse le défaitisme de classe dans les métropoles, le prolétariat (des autres régions) donne sa contribution de force en poussant au maximum la lutte contre les pouvoirs dominants !

Il est évident que, dans tout cela, le rôle des communistes est central, parce que la conscience doit plus que jamais être centrale que, sans son organe d’organisation et de direction (sans le parti révolutionnaire), tous les mouvements prolétariens sont voués à la défaite. Travailler à l’enracinement international du parti communiste est donc une urgence qui ne peut pas être renvoyée à plus tard.

 
 

International Communist Party

 

(International Papers - Cahiers Internationalistes - Il Programma Comunista)

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