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Algérie et Tunisie sont voisines

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Les violentes révoltes qui enflamment l’Algérie et la Tunisie dans ces premiers jours de 2011 font entendre le langage du prolétariat en lutte, et le font comme l’ont fait, il ya quelques temps, des révoltes analogues ailleurs dans le monde, comme à Haïti et en Egypte (où, et pas par hasard, au même moment, on a pu assister à la méthode classique, toujours utilisée par classes dominantes, consistant à détourner le mécontentement social vers l’impasse des luttes religieuses). Depuis les marges (de plus en plus proches du centre) de ce qu’est toujours pour la bourgeoisie et la petite bourgeoisie « le meilleur des mondes possibles » arrivent des signaux sans équivoque. 

La misère, la faim, le chômage, le manque total de perspectives, l’impossibilité de survivre sont de plus en plus les conditions dans lesquelles se trouvent les prolétaires : seule une couche privilégiée très réduite  y échappe (et encore pas pour longtemps), et ceci seulement grâce aux miettes tombées du copieux banquet  de la reconstruction impérialiste au cours des quelques décennies suivant le second massacre mondial – boom économique dont la bourgeoisie et la petite bourgeoisie proclament qu’il ne doit jamais finir et qui, en tous cas, ne fut possible que par une exploitation forcenée du prolétariat de tous les pays. Donc vive la lutte des prolétaires d’Algérie et de Tunisie, quel que soit, dans les prochains jours et les prochaines semaines, le développement de la situation, parce que de leur part viennent des signaux et des enseignements précieux pour tout  le monde du prolétariat.

Obligés d’évoquer la psychose créée à dessein au cours de la dernière décennie pour diviser et paralyser, les observateurs internationaux, les mass media, sont en effet contraints de « nommer l’innommable » : avec une inquiétude à peine déguisée, il doivent reconnaître que le fondamentalisme islamique d’Al Quaïda (dont ils ont l’habitude de servir les lambeaux pourtant biens usés) en réalité n’y est pour rien et que les masses tourmentées des quartiers pauvre d’Alger et de Tunis, des grandes villes et des villages de l’intérieur du pays, affluent dans les rues et affrontent la police et l’armée, sous la pression de facteurs matériels, et (du moins pour l’instant)  pas au nom de l’une ou l’autre de ces idéologies prêtes à l’emploi.

L’Algérie et la Tunisie ne sont pas des contrées lointaines, petites et sous-développées : ce sont de grands pays entrés depuis longtemps dans la douce modernité capitaliste. La première en particulier y est parvenue à la suite d’un long et sanguinaire mouvement anticolonialiste, qui a produit – en l’absence d’un prolétariat en lutte dans les métropoles et d’un parti révolutionnaire en mesure de le diriger et  d’orienter les mouvements anticoloniaux dans la même direction – le triomphe d’une bourgeoisie locale jeune et agressive, destinée à suivre la voie de toutes les bourgeoisies : celle de la compétition sur le marché mondial, de l’extraction de plus-value du travail vivant et donc de l’exploitation du prolétariat. En Algérie, exactement comme ailleurs.

Algérie et Tunisie sont voisines (et pas seulement géographiquement ) parce que la crise économique mondiale ouverte au milieu des années 70 est entrain de bruler progressivement  toutes les « contre-tendances » que le capitalisme essaie de mettre en œuvre pour tenter de retarder la capitulation finale : voilà ce qui rapproche les jeunes et les très jeunes prolétaires algériens et tunisiens des aussi jeunes prolétaires des banlieues françaises (citoyens français à part entière)  et des prolétaires immigrés en Italie (que beaucoup voudraient paralyser dans d’inutiles revendications de « droits à la citoyenneté »), dans le même élan généreux pour casser un ordre et une paix sociale qui sont oppressants et castrateurs.

Les prolétaires des métropoles capitalistes engourdis par des décennies d’idéologie et de pratiques opportunistes diffusées à pleine main par les partis et les syndicats qui n’ont qu’un seul but, tenir sur pieds la sale société capitaliste, tardent à comprendre que l’unique voie à suivre est celle de la lutte ouverte. Et, ce faisant, ils retardent aussi l’aide nécessaire à leurs admirables frères de classe algériens et tunisiens : la création d’un front de lutte qui aille bien au-delà des frontières nationales, qui fasse sortir de leurs gonds une bonne fois les objectifs réformistes et nationalistes, qui cimente les luttes en une attaque unique de la citadelle capitaliste.

Pour que le martyr des prolétaires d’Alger et de Tunis comme celui (malheureusement  inévitable dans de telles conditions d’isolement) d’autres villes à la marge et au centre dans un futur prochain, ne soient pas vaines, il est en tous cas nécessaire, non seulement de reprendre la voie de la lutte ouverte et de cimenter les luttes aujourd’hui séparées et distantes, mais aussi de comprendre, au cœur de ces mêmes luttes, la nécessité de se donner une organisation et une direction politiques : la nécessité du parti révolutionnaire.

Algérie et Tunisie sont voisines, entre elles mais aussi du reste du monde prolétarien, dans cette urgente et inéluctable nécessité historique.

 

International Communist Party

(International Papers - Cahiers Internationalistes - Il Programma Comunista)

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